Lancer en revers

En lancer classique, il est rare qu’on se pose la question, mais il arrive parfois qu’un pêcheur lançant avec la main gauche ait un avantage. La raison est souvent liée à des obstacles sur la droite et le simple déplacement de la trajectoire de la soie d’un mètre, d’une épaule à l’autre, suffit à aider.

En spey, il suffit que le vent pousse la soie vers le lanceur pour que cela devienne un problème. En effet, si votre D Loop est repoussée vers vous par le vent, d’une part, elle sera déformée et le lancer sera plus difficile et, d’autre part, il y a toutes les chances qu’elle s’emmêle autour de votre canne et, éventuellement, autour de vous.

Il faut bien différencier ce phénomène du vent qui pousse la soie aérialisée sous la forme de la D Loop  et le courant qui pousse l’ancrage. Je lis régulièrement des espèces de préceptes liant vent et courant et simple ou double spey (je ne les répète pas tant je les trouve idiots). Donc j’en profite, en admettant que vous soyez droitier, si le courant va vers la droite, le spey simple est plus facile, si le courant est vers la gauche, c’est le double. J’y reviendrai.

Pour le problème du vent, c’est très simple et il n’y a rien à apprendre par cœur tant c’est évident : la D Loop  doit être sous le vent. En d’autres termes, le vent doit toujours pousser la soie loin de vous.

Donc le vent pousse la D Loop  vers vous, ce qui est gage d’insuccès. La seule solution, et, par la même occasion, un des aspects élégants du spey, la placer de l’autre côté, sous le vent. Qui dit ancrage à gauche, dit lancer au-dessus de l’épaule gauche. Maintenant, le vent pousse la D Loop  vers l’extérieur et il n’y a plus de problème. Plus de problème ? C’est vite dit, à droite vous aviez le pouce dans l’axe de poussée pour le flick, mais lorsque votre main droite se trouve à gauche, elle n’est plus du tout dans le même axe.

Avec une canne à deux mains, le problème ne se pose pas de la même façon. Que ce soit à droite ou à gauche, c’est la main inférieure qui finalise la poussée, la main supérieure, comme je l’ai déjà dit, servant à guider et à la poussée horizontale. Cela demande un peu de pratique, mais c’est beaucoup plus facile à attraper que le flick en revers.

Toujours pareil, ne vous découragez pas et revenez à la base ! Raccourcissez votre soie à la longueur idéale, relevez lentement et verticalement votre canne. De plus, alternez une fois à droite et une fois à gauche pour pouvoir calquer votre mouvement. Il existe une sorte de rémanence musculaire qui va vous aider.

Vous pouvez aussi vous essayer à changer de main, mais c’est une autre paire de manches…

Lorsque vous pratiquez le spey avec une canne à deux mains, il y a bien sûr une main en haut, et l’autre en bas. Habituellement, les droitiers mettent leur main droite en haut et la gauche en dessous. Il est alors possible de changer cette position pour que le lancer Switch revers au-dessus de l’épaule gauche devienne un lancer droit. Là non plus ce n’est pas de la tarte, mais avec de l’entraînement on y arrive.

 

À propos d’entraînement, il est impossible de trouver un mouvement, aussi différent de ce dont vous avez l’habitude, sans le pratiquer. Je conseille donc de pratiquer ! Si vous avez la chance d’avoir un plan d’eau facile d’accès, allez faire quelques séances d’une heure ou deux uniquement consacrées à la technique. Ensuite, l’idéal, c’est de se réserver un moment dans les journées de pêche, quand le poisson se fait rare, et d’en profiter pour peaufiner votre lancer. Bien sûr si vous avez l’intention ou la possibilité de pêcher dans une rivière bucolique et ombragée, vous aurez tout le loisir de profiter de cette technique et de l’approfondir plus vite.

Permettez-moi de douter que vous puissiez passer plus de quelques heures à travailler uniquement le spey à une main. Étant donné que tous les lancers finissent toujours par le Switch cast, il n’y aura aucun repos pour votre poignet et à moins que vous ayez renforcé les muscles avec des exercices de musculation, il n’y a aucune chance qu’ils ne résistent au traitement. Par contre, une fois la fluidité acquise le mouvement est même moins fatiguant que le lancer classique.

Dans le cas de spey à deux mains, il n’y a pas cette répétition d’un mouvement particulier exerçant toute la pression sur une seule articulation, bien au contraire. Si vous vous mettez au spey à deux mains vous allez pouvoir pratiquer jusqu’à atteindre le point de saturation mentale et physique.

 

Je reviendrai pour chaque lancer sur le sujet de la version en revers.

 

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